lundi 20 avril 2009

La crise de 2007 - 2008, sa genèse, … en 2 pages

Comprendre la crise de 2007 - 2008 et son développement… en 2 pages

achevé de rédiger 20 octobre 2008

Depuis 1971, l’Etat américain a imposé le dollar comme étalon monétaire international à la place de l’or et a fonctionné avec un lourd déficit extérieur. Et La presse chinoise de dénoncer inlassablement que l’impérialisme américain reportait ses dépenses excédentaires et une monnaie surévaluée à la charge du reste de monde.

Il y a vingt ans, les gouvernements anglais (Thatcher) et américain en lien avec les banquiers ont entrepris de dérèglementer le marché du travail, réduire la protection sociale et le secteur public et de réduire la réglementation sur les échanges financiers « afin de donner libre cours à la créativité ». La sphère financière a imposé sa loi au politique, à la production et à tous les domaines de la société, à l’échelle du monde. La crise n’est pas conjoncturelle : elle est systémique.

Après l’éclatement de la bulle internet en 2000 suivie d’un fort ralentissement économique américain en 2001, Alan Greenspan relance la croissance en réduisant le taux des prêts à 1%. Le pouvoir politique se donne un air social avec le slogan « Tous propriétaires ! »

La spéculation se porte alors sur l’Immobilier.

Les courtiers se sont employés à ratisser jusqu’aux quartiers modestes et à convaincre qu’on peut emprunter pour un achat dont on n’a pas les moyens, n’insistant pas trop sur la ligne du contrat où il est écrit que le taux d’emprunt aujourd’hui faible, est révisable… C’était la première tromperie.

Tous les secteurs économiques américains, sociétés comme particuliers se sont engouffrés dans l’endettement. Les banques ont favorisé que les prêts soient garantis avec des biens en cours de production ou en cours d’acquisition. Ce sont des emprunts hypothécaires.

Cela a évidemment « boosté » l’activité de l’immobilier, de l’automobile, de l’ameublement, les études (payantes) etc.

Le prix réel du logement en Amérique a augmenté de 85 % de 1997 à 2006 et c’est sur la valeur future de la maison, anticipant sa hausse, qu’étaient garantis les prêts hypothécaires.

Le crédit immobilier a fini par atteindre un total de12 000 milliards de dollars, auquel s’ajoutent les crédits accordés pour les autres domaines d’achats, ceux accordés aux sociétés et l’endettement de l’Etat lui-même.

Les organismes financiers ont orienté l’épargne vers la spéculation, en faisant la promotion de produits financiers assis sur des valeurs en bourse aux taux de profit mirifiques.

« Donnez nous votre épargne, et dans 20, 30 ans, vous aurez des retraites dorées. »

Les banques ont transformé les prêts, y compris hypothécaires en titres financiers pour les vendre. Les banques qui ont achetés ces titres les ont placés dans des sociétés créées pour cela, lesquelles ont vendu des obligations garanties sur ces prêts immobiliers mélangés à d’autres prêts à la consommation. Grâce à la complexité de toutes sortes de montages visant à enfumer les organismes de contrôle, une bonne cotation a été obtenue. Ce fut le deuxième abus de confiance

Ces obligations que plus tard on appellera « pourries », ont été diffusées en grand nombre dans le monde entier, en grandes quantités. Ce fut le troisième abus de confiance.

Certains investisseurs méfiants ont assuré ces achats contre le risque de non remboursement. Des assureurs tels AIG se sont engouffrés dans ce nouveau marché sans tenir compte du risque considérable qu’elles prenaient.

Or dans le même temps, le développement de la demande des pays émergents a fait monter le prix des matières premières, comme des denrées alimentaires. La spéculation s’est ruée sur cette nouvelle aubaine et l’a amplifiée. Les hausses de prix et plusieurs relèvements des taux des prêts ont mis deux millions futurs propriétaires, dans l’obligation de casser leur engagement, de vendre dans les pires conditions, les a mis à la rue. (On a vu des villages de tentes dans la presse.)

Le scandale des subprimes éclate courant 2007. L’ampleur des prêts hypothécaires non solvables est alors perçu aux USA : 1 500 milliards de dollars en première approximation.

Les premières faillites d’organismes financiers se déclarent et, de proche en proche d’autres faillites d’établissements financiers s’enchaînent dans tous les pays.

C’est tout le système financier mondial est entré en crise.

Les Bourses s’effondrent, remontent puis retombent. Des spéculateurs achètent puis revendent avec profit, avant que leur achat ait été débité. C’est la « vente à découvert » et la « vente à nu » qui ne peut être empêchée que par une fermeture partielle des bourses…

Des milliers de retraités voient disparaître les économies qu’ils avaient placées en actions désormais sans valeur

Par prudence les banques ont cessé de se prêter entre elles et rapidement n’ont plus eu le moyen de prêter aux entreprises vite en manque de trésorerie ; une vague de licenciements a commencé, entraînant de nouvelles défaillances.

Ordinairement, le flux financier a pour effet que des banques ont par moments un excédent de liquidités et d’autres un manque : elles se font en permanence des prêts à court terme entre elles ce qui leur permet en permanence de répondre aux besoins de leurs clients.

Ce fonctionnement est bloqué et simultanément, les achats des particuliers baissent beaucoup.

Il y a ralentissement économique.

La FED, banque centrale américaine et de grandes banques ont fourni des liquidités, jour après jour : des centaines de milliards de dollars en prêts à court terme. Le système bancaire américain fonctionne, grâce à l’argent public.

Les 700 milliards récemment votés sont financés par l’émission de Bons du Trésor, ce qui augmente la dette publique.

Comment agit l’Etat américain vis-à-vis des banques ?

- Lehman Br. a été lâché et a disparu

- D’autres sont rachetées par d’autres banques ou par un pays émergent

- La recapitalisation partielle place ces sociétés sous contrôle public ; la recapitalisation totale en fait un établissement public

- L’Etat américain a annoncé qu’il rachetait tous les actifs dépréciés afin de réduire les besoins de recapitalisations.

Si les systèmes bancaires américain et européen survivent en perfusion, cela ne suffit pas pour rétablir la confiance au plan mondial, en raison des répercussions profondes qu’ont ces disfonctionnements dans tous les pays. La défiance mondialisée domine.

En France, le ralentissement économique ne se trouve pas conjurée par la recapitalisation du système financier. La confiance nécessite des ruptures plus profondes avec le néolibéralisme, dont la prise en main complète du secteur bancaire par l’Etat afin de refonder son métier. La relance de l’économie a traditionnellement nécessité une politique de grands travaux et de gros budgets sur plusieurs années. C’est sans doute l’occasion de rompre avec le « tout automobile ». L’activité de ce secteur de production doit sortir des indices mesurant l’a santé économique.

Mais la globalisation rend les économies encore plus dépendantes les unes des autres : aucun pays, aucun continent ne s’en sortira seul. Il est en plus évident que les pays émergents refuseront désormais de laisser les USA dicter leur politique économique.

La question de la gouvernance mondiale est ouverte. Il vaut mieux la gérer que de la laisser dégénérer en guerre comme ce fut la cas après la crise de 1929.

Sources : France Culture. ATTAC Alternatives Eco, Courrier International, Nouvel Obs, des quotidiens.


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