REFORMER L’UNION EUROPEENNE A
Ce ne sont pas les réformes de l’actuelle présidence française, qui en 2008 nous ont protégés de la dureté de la crise, mais ce qui reste des services publics et de couverture sociale que l’agitation élyséenne s’active à détruire, ainsi que la monnaie unique européenne (1), l’euro. L’actuel gouvernement et le précédent portent leur part de responsabilité dans le développement de la crise économique dans notre pays en 2009.
Face à la politique élyséenne, les imprécations contre « l’Europe » fautive de tout se trompent de cible. En effet, l’Europe n’est pas une puissance qui s’imposerait à nous de l’extérieur.
L’Europe n’existe que par le conseil des présidents, le conseil des ministres des états membres et son propre parlement élu par les peuples des pays d’Europe. Elle n’est que ce que ces représentants des pays d’Europe en ont fait et en font et peut donc être modifié. Tout en nous faisant croire qu’ils subissaient les textes européens, ils ont eux-mêmes façonné textes et institutions européennes de façon à généraliser le néolibéralisme.
En outre, en tous domaines, l’action positive que l’Europe pourrait conduire est gravement bridée par la faible contribution financière que les Etats membres lui versent. Particulièrement, il en résulte une grave carence vis-à-vis des nouveaux membres issus de la domination soviétique, l’incapacité à aider leur développement économique. Incapacité à avoir une défense européenne, ce qui incite à des accords bilatéraux avec les USA ou avec l’OTAN.
Angleterre, Irlande, Espagne ont importé en Europe la voie du néolibéralisme avec zèle et empressement. Le résultat se voit : ils plongent le plus durement dans la crise économique et leur population se trouve démunie. Ainsi l’Espagne compte 1/3 de ses salariés en CDD ; 4 millions de chômeurs, 1 million à la rue ; 60% des retraités anglais n’auront que 600 euros d’aides publiques par mois pour vivre. Les multinationales qui étaient venues s’installer dans ces pays en partent pour aller en Pologne : elles sont avides de la pauvreté, et non source de développement. (2)
Qu’en concluent les dirigeants actuels de France et ceux d’Europe ? RENFORCER LES REFORMES CATASTROPHIQUES QU’ILS NOUS IMPOSENT depuis une dizaine d’années ! C’est-à-dire, nous enfoncer encore plus dans le néolibéralisme
Le G20 annonce des mesures contre les paradis fiscaux, des contrôles plus sérieux ? Bravo.
Mais peut-on laisser les agents financiers et leurs ministres se réformer durablement eux-mêmes ?
Chaque agent financier agit isolément pour accaparer un maximum de profit, en concurrence contre les autres, essayant d’utiliser l’Etat en renfort. Cette course les a conduits à des taux de profit irresponsables de 15%, 20% et même plus, au détriment des entreprises cotées en bourse. Considérés ensemble les agents financiers agissent en troupe de prédateurs qui ne fait aucune place au bien commun, ni même à leur propre intérêt collectif, ni à l’intérêt général, ni aux leçons de l’histoire, non plus qu’au bon sens le plus élémentaire.
La logique de concurrence écrase toute velléité individuelle qui voudrait lui échapper.
La concrétisation de leur « moralisation du capitalisme » sera bien inconsistante !
Peut-on faire confiance aux politiques ? Trop de politiques se sont trop montrés liés, voire asservis aux puissances financières pour soudainement se mettre à comprendre et imposer sérieusement l’intérêt général. Il y a lieu de distinguer discours, fausses mesures sociales dont l’application change peu de choses (4), et politique réelle d’application immédiate au profit des plus puissants.
Pire : en absence d’un gouvernement d’Europe chaque gouvernement national soutient ses propres industries. Ainsi, au nom de plans de relance nationaux, les Etats européens sont mobilisés dans la concurrence qui se joue entre les grandes sociétés, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Europe, sur des marchés qui se rétrécissent sous l’effet de leur action elle-même.
Cela ne peut pas relancer l’économie.
Mais c’est une politique belliqueuse, une logique de guerre.
C’est le contraire de la construction européenne !
Sans intervention populaire énergique, la tromperie et la course aux taux de profits financiers déments reprendra dès que l’activité remontera… pour se ruer vers la crise suivante.
Car de toute façon, le petit peuple stupide finira toujours par recapitaliser !
Sans attendre des renversements de majorité à venir, sans attendre l’instauration d’un autre type de société libérée des prédateurs, les forces populaires doivent peser de toutes leurs forces sur ceux qui sont aux gouvernes pour que les tares néolibérales de l’Union Européenne et de chacun des Etats qu’elle englobe, soient corrigées immédiatement et réellement.
Rien n’empêche qu’un traité correcteur soit rapidement rédigé, adopté et appliqué.
Il importe d’affirmer un fort attachement à l’Europe, afin de s’opposer réellement aux tendances protectionnistes qui émergent dans chaque pays de façon inquiétante, comme autant de dérives possibles vers de nouvelles guerres.
A peu de mois des élections européennes, dans les formations à gauche de la gauche qui ont œuvré pour le rejet du TCE on entend plusieurs propos. Les uns annonçant une fin prochaine de l’euro et même de l’Union cachant à peine leur satisfaction.
D’autres parlent de « réformer l’Europe ».Mais cela sonne comme un appel à des « lendemains qui chantent », une incantation après beaucoup d’autres, parfois accompagnée de la peinture de ce qu’ils imaginent comme Europe idéale. Comme si on allait pouvoir magiquement substituer un ilot de socialisme idéalisé à cette Union Européenne qui résulte de 50 ans de volontarisme et de négociations entre les gouvernements des Etats européens. Construction dont toute la gauche de la gauche s’est désintéressée pendant 45 ans. Son orientation actuelle ne lui a été progressivement été insufflée que depuis les années 80. Elle ne lui est pas intrinsèque.
Les conséquences de la faillite évidente et hyper onéreuse du néolibéralisme frappent les populations de tous les pays d’Europe. Voilà une circonstance favorable pour mobiliser sur des objectifs bien ciblés afin de dépouiller MAINTENENT cette Europe de ses éléments de néolibéralisme.
La constitution d’un regroupement à gauche de la gauche devrait se faire dans un travail collectif sur les réformes précises à imposer. La candidature unique devant alors être celle qui aura le plus les moyens de les promouvoir, notamment le plus de liens avec les travailleurs des autres pays d’Europe. ( polonais, grecs, espagnols notamment)
La crise financière et économique actuelle révèle au grand jour les caractères du néolibéralisme
- Les profits sont privés. Les politiques s’efforcent depuis plusieurs années d’ouvrir au profit privé les activités assurées par les institutions républicaines. La santé, la culture, l’enseignement, recherche et les produits vitaux comme l’eau et la nourriture de base en sont gangrénées. Des populations entières réduites à la famine. (5)
La privatisation des profits a, sans obstacle, imposé des taux de profits vampiriques. Avant que la crise n’éclate, l’économie en était déjà pervertie et exsangue.
Le néolibéralisme exonère cette privatisation de sa contrepartie vis-à-vis de la société : chaque jour ajoute de nouvelles exonérations d’impôts et de charges, dépénalise la fonction d’employeur, paralyse les contrôles ou les rend inefficients, disloque un peu plus les contrepouvoirs qui caractérisent la démocratie. (information, syndicats, judiciaire, création artistique…)
- et socialisation des coûts directs les plus lourds et des coûts indirects. (dépollution, traitement des maladies induites, traitement des conséquences sur la santé des pollutions multiples, démolition des installations périmées, récupération et traitement des déchets, traitement social du chômage après destruction d’emplois, restauration de sites dévastés…). S’y ajoute à chaque crise la charge de la recapitalisation du secteur bancaire et des entreprises exsangues.
- le profit est accaparé par un nombre de plus en plus restreint et de plus en plus protégé, dépénalisé et protégé de l’impôt. L’écart des ressources s’aggrave scandaleusement de décennie en décennie au sein de chaque entreprise, mais plus encore à l’échelle de chaque pays et à l’échelle du monde. (6)
Le néolibéralisme a ainsi constitué à l’échelle mondiale une pompe qui extrait un maximum de profits sur l’économie réelle et concentre la finance dans l’opacité des « paradis fiscaux » dont le nombre a considérablement cru au cours de la dernière décennie.
Le volume de la circulation financière qui passe par les « paradis fiscaux » dépasse ce qui passe par les banques légales. Les Etats sont ainsi privés d’une part au moins égale de recettes fiscales. Les capitaux de privés français sont évalués à 10 000 milliards d’euros. S’y ajoutent les actifs de sociétés et de banques dont les plus importantes ont des comptes dans plusieurs paradis fiscaux, par l’intermédiaire de banques écrans non déclarées en France. D’innombrables conseils en patrimoine, des avocats ont fait leur métier et leur opulence dans ces trafics. Sarkozy compense sa « lutte contre les paradis fiscaux » ont offrant aux capitaux privés sociétés et particuliers fortunés une défiscalisation maximum. C’est le sens de la suppression de la taxe d’apprentissage, laissant aux collectivités territoriales le soin d’imposer la population.
Derrière un discours élyséen apparemment antilibéral, c’est bien toujours la promotion néolibérale qui continue à être frénétiquement appliquée, provoquant indignation et colère dans tous les secteurs de la fonction publique, comme des territoires d’Outremer.
I. Se dégagent ainsi des objectifs de lutte en matière financière, fiscale et sociale à proposer aussi aux travailleurs des autres pays d’Europe.
1. mettre fin en France aux exemptions fiscales de toutes sortes (263 motifs d’exonération fiscale en France, contre 70 en Suisse réputée paradis fiscal)
2. mettre fin au sein de l’Europe aux refuges qui hébergent tant des filiales de société, des politiques et des grandes fortunes pour « garantir le secret ». Secret protecteur pour blanchir l’argent de la fraude fiscale, la corruption, les pots de vin, pour héberger des activités financières illégales (les montages financiers pourris qui ont produit la crise actuelle), mais aussi héberger les transactions des trafics d’armes, des trafics humains bref, toutes les variétés du grand banditisme et le terrorisme.
Leur nombre s’est multiplié au cours de la dernière décennie. Obama a montré qu’il est possible de briser ce secret en menaçant de retirer la licence. (7)
Et taxer lourdement les échanges avec les refuges de même nature situés hors Europe.
3. Soumettre à un cahier des charges les capitaux qui viennent en Europe
4. Rendre très minoritaire la proportion de fiscalité indirecte.
5. Instaurer la proportionnalité entre l’imposition et les revenus
Ces quatre premiers points réduiront la pression fiscale sur les salariés et donneront les moyens budgétaires pour des droits sociaux élevés dans toute l’Union Européenne.
6. Instaurer les services publics comme secteurs ne pouvant donner lieu à profit, tout en maintenant le niveau de rémunération des compétences qui y sont en œuvre : enseignement, recherche, santé, poste, énergie, transports, approvisionnement en eau et produits de première nécessité… Restaurer les principes républicains sur le service public : continuité du service, égalité d’accès…Mettre fin aux « évaluations » fondées sur des quantifications incompatibles avec les missions.
7. La recherche publique doit être promue au niveau européen : c’est elle qui génère les emplois de demain. Elle doit être orientée pour rendre compatible une production industrielle et alimentaire avec la santé publique et avec le rétablissement des grands équilibres de la nature. L’Europe doit concevoir une politique industrielle et agricole fondée sur ces impératifs.
8. Mettre fin aux subventions qui ruinent les agricultures des pays en difficulté. Mais préserver au même titre les petites exploitations de montagne en Europe, ainsi que la production biologique
9. Plafonner la rémunération du capital et garantir une proportion minimum des profits à consacrer au développement des salaires ainsi qu’aux investissements.
10. Réduire et encadrer l’écart des rémunérations par une forte imposition au dessus d’un seuil : le seuil qui sépare rémunération admissibles et libéralités.
11. Interdire tout lien entre les organismes de contrôle et les organismes contrôlés. Charger
12. Ces réformes doivent concerner toute
13. Nationaliser les banques, Au-delà de leur recapitalisation par l’Etat, il s’agit d’en faire un instrument de politique publique qui enfin alimenterait l’économie. Dans l’immédiat, taxer fortement le crédit destiné à la spéculation
14. doubler les contributions nationales au budget de l’Europe.
15. Créer une police de contrôle sur les comptes de l’Europe et sur le respect des règles par ses institutions
II. Tous les peuples d’Europe doivent être considérés comme citoyens d’Europe de même niveau. Cela ne peut pas s’accommoder des entraves policières discriminatoires mises à la libre circulation.
L’Europe doit garantir droits et libertés dans tous les pays d’Europe, y compris dans les prisons et…dans ses propres institutions.
Les jeunes des banlieues sont les premiers visés que déjà une puissante campagne menée par le pouvoir avec hélas les médias, désigne comme ennemi de l’intérieur.
III. La paix : Même avec OBAMA, l’impérialisme américain ne change pas de nature et voudra maintenir sa domination sur tous les continents, y compris par la guerre, s’arroge tous les droits dans l’impunité et dénie aux autres peuples les droits fondamentaux. L’Europe doit agir en force de pacification, être un espoir pour tous les peuples de coopération respectant la culture de chacun.
Les massacres qu’Israël vient d’opérer impunément sur les populations palestiniennes, le morcellement de leur territoire et la décision d’y doubler les colonies, le blocus qui continue à les priver d’eau, d’aliments et de soins sont intolérables. Cela justifie de rompre immédiatement les multiples liens que l’Europe a tissés avec Israël qui subrepticement se trouve quasiment intégrée à l’UE !
Prétendre «codiriger l’OTAN» est une galéjade et se réduira à cofinancer l’effort de guerre et les aventures américaines.
Il faut vite s’en retirer et, plus que jamais, œuvrer pour la paix !
IV Institutions de
L’aboutissement rapide et complet de ces mesures nécessite une campagne encore plus énergique que celle qui a combattu le TCE, ainsi que de larges contacts avec les couches populaires et les forces progressistes des autres pays d’Europe.
Les luttes partielles actuelles sont déjà une composante de la bataille à mener pour modifier l’Europe. La campagne pour les élections européennes devrait leur donner cette dimension.
Europe des peuples ou Europe des copains et des coquins ?
Cela ne dépend que de nous.
(1) Avant l’euro, la fluctuation des monnaies entre elles et les attaques coûteuses qu’elles subissaient fréquemment déstabilisaient les économies des pays d’Europe. Jusqu’en 2008 l’euro a apporté une stabilité financière. Ses fluctuations récentes sans effet sur le marché intérieur à l’Europe, étaient la conséquence des fluctuations du dollar.
(2) Le rejet du TCE n’a pas empêché que subsistent tous les éléments de néolibéralisme qui furent dénoncés : ils résultaient des traités précédents que le rejet de TCE n’annulait pas. Le seul effet du rejet fut de maintenir l’absence d’instances de décision et de représentation clairement définies, ce qui a été mis à profit par les états les plus néolibéraux pour développer leurs réseaux et leur influence dans l’imbroglio d’instances actuel.
(3) C’est l’héritage du PCF que l’URSS finançait pour défendre ses positions en France. Les prises de position alignée et la police des idées étaient sa principale raison d’être. L’« extrême gauche » issue du PCF, particulièrement trotskiste, ne conçoit pas la politique autrement que comme une succession de « prises de position ». Le pouvoir s’en accommode assez bien…
(4) Exemple caricatural : l’allocation complémentaire créée en 2005 pour les personnes handicapées que le handicap place à l’écart de l’emploi. Elle fut lancée à grandes fanfares, tous les canaux mobilisés pour qu’un maximum de personnes en fasse la demande. Mais simultanément, elle fut définie avec de telles restrictions qu’elle devait être refusée à 95% des demandes ! Dans quel but ? Faire croire à la population qu’on avait sérieusement amélioré la situation des personnes handicapées…
Le même charlatanisme a été systématiquement utilisé sur toutes les revendications populaires.
Sur les retraites : en période de sous-emploi et maintenant de régression, le report de l’âge de la retraite n’augmente pas la masse des cotisations. Il a deux effets : ceux qui peuvent travailler plus longtemps bloquent l’embauche des jeunes. Mais plus généralement la perte d’emploi forcée à partir de 50 ans ou volontaire pour raisons de santé se traduira par une forte réduction de la pension de retraite.
(5) Par exemple avec la déforestation massive qui vise à faire des profits sur les biocarburants.
(6) de 98 à 2006 la masse salariale a crû fortement, mais le salaire moyen est resté stable : les gros salaires du CAC40 ont été multipliés par 8 Les très bas salaires sont beaucoup plus nombreux, (1/4 de la population américaine est en dessous ou proche du minimum vital !) ce qui explique, en France-même, la baisse de la consommation des ménages au dernier tiers de 2008, début 2009. La disparition du crédit aux entreprises est venue y ajouter ses effets. Il résulte du gonflement des plus gros revenus que les entreprises sont gérées pour une course au profit démente.
Au-delà d’un plafond à déterminer, il ne s’agit plus de rémunérations mais de libéralités qu’il faut imposer à 80%. Voire d’abus de biens sociaux qui devrait faire l’objet de poursuites judiciaires.
(7) Dés le lendemain de cette information, nombre de sociétés ont retiré leurs comptes des banques suisses ! Il importe donc que rapidement les autres pays, européens en premier lieu, fassent de même vis-à-vis de tout l’off-shore.
(8) Avec le Traité de Lisbonne, le parlement européen est fortement encadré par
Lyon, 9 avril 2009

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